La Russie : le débat interdit


Michel Strogoff, Anna Karénine, Pouchkine (ci-contre) ont peuplé notre imaginaire avant que Poutine n’anéantisse l’image d’Épinal reconstruite après la parenthèse soviétique,  après les chars de Prague et ceux de Budapest.

 L’immense affection des héritiers de Voltaire pour le pays des tsars est faussement anachronique, tant elle repose sur le partage de valeurs ancestrales qui façonnèrent des peuples  autant accrochés à leur terre qu’éloignés  par une géographie que seuls des accidents de l’histoire mirent face à face.

C’est cet héritage, c’est le fait que la France fut choisie comme le pays de refuge en 17, c’est cette proximité dans l’éloignement qui fait des français les premiers hésitants à la doctrine anglo-saxone du tout Zelenski.

Hésitant, mais pas résistant, tant l’agression territoriale dont l’Ukraine est la victime est viscéralement inacceptable par les tenants du droit du sol.  Ne s’est-on pas battu pour l’Alsace et la Lorraine ?

Pour trouver matière à rééquilibrer la balance entre le violeur et le violé il faut plonger au tréfonds de l’histoire et sauter jusqu’au chapitre fin pour comprendre qu’il ne s’écrira qu’en évitant tout ce qui pourrait rappeler le traité de Versailles.

 Ce qui suppose déjà d’accepter l’idée d’un rééquilibre des torts tant Poutine a chargé sa propre barque. Et si ce n’est un ré équilibre des torts dont l’idée va bloquer le début même d’un débat, c’est l’évitement d’une spirale ascensionnelle dont on ne sait quelles funestes circonstances peut rendre incontrôlable.

C’est le débat que la France s’honorerait d’ouvrir au sein de son parlement. Y-a-t-il des bornes au-delà des quelles le ticket de Macron n’est plus valable ? Peut-il tout décider, de l’envoi des chars, du porte avion et d’engager des troupes sans que le pays se soit exprimé a minima aux travers de sa représentation ?

C’est ce qui semble se passer, sans qu’une voix autorisée ne s’inquiète de ce dérapage démocratique. Oublions la haut Perchée qui est allée à Kiev tenir des propos belliqueux, mais que font les caciques des grands partis ?

Auraient-ils peur d’exprimer publiquement leur opinion, pourtant la Russie me semble bien valoir – avant même la retraite -  un débat.

 

Le Huron

 

contact : lehuron@yahoo.com

 

Commentaires

  1. Il ne reste hélas que peu de français ayant connu la guerre…nous sommes désolés pour l’Ukraine (que l’Europe aide de son mieux) mais pitié …si le conflit persiste et s’étend, ce sera sur nos terres et pas en Patagonie ou aux USA ,faites TOUT pour que les discussions reprennent entre cousins.
    Qui veut une guerre à part les marchands d’armes et les inconscients ?

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