Lettre posthume au Huron, par Jean-Bénigne dit le Nécrologue


Depuis des années, Michel Coudert hantait la toile.

Il n’écrivait pas : il frappait. Il ne publiait pas : il tranchait.
Tel le phénix qu’il prétendait ne pas être, il renaissait sans cesse, changeant de nom mais jamais de feu, survivant aux tempêtes numériques, aux bannissements, aux anathèmes.
Puis ...
Martyr éditorial sous l’ère de Bernard Grouchko, qui lui porta le coup de grâce, il disparut dans un fracas de passions contraires. Certains pleurèrent. D’autres sabrèrent le silence.
Et nous, nombreux, l’avons aimé. Peut-être l’avons-nous davantage aimé encore dans son absence car l’absence polit les légendes et purifie les fautes.
Le silence l’avait grandi.
La mémoire l’avait sacré.
Puis, un jour, le Phénix reparut.
Nous avons voulu croire au miracle. Retrouver la lame, cette écriture au millimètre, chirurgicale, implacable, capable d’ouvrir les faux-semblants sans trembler. Nous avons cru que le feu ancien brûlait encore sous les cendres.
Jusqu’à ce soir du 10 février.
Ce soir-là, le blogueur s’est fait intervieweur.
Nous pensions voir un juge. Nous avons découvert un Homme.
Nous attendions la distance, la froideur, l’impassibilité. Nous avons vu l’émotion. Et dans cette émotion, la fissure.
Oui, le Huron était bien ce Phénix adulé et décrié. Mais ses questions ne mordaient plus. Elles caressaient. Elles hésitaient. Elles contournaient.
La lame s’était émoussée.
Il est tombé amoureux et l’amour, chez lui, est une chute.
Non la chute glorieuse du combattant frappé en plein élan, mais celle d’Icare se brûlant les ailes trop près d’un soleil qu’il croyait défier.
Ce qui brûlait d’une flamme froide s’est dissous dans la chaleur facile.
Le regard s’est troublé.
La parole s’est adoucie.
Le tranchant s’est perdu.
Le feu s’est fait braise.
Dans cette chute, il ne s’est pas approché du soleil : il s’y est abandonné.
Grisé par sa propre lumière, il a confondu l’élévation avec l’ivresse et l’ivresse avec la vérité.
Ce soir-là, ce n’est pas seulement une posture qui s’est effondrée.
C’est un mythe.
Le héros est mort à mes yeux.
Et dans le silence qui a suivi, plus lourd que toutes ses absences passées, j’ai compris que la plume ne renaîtrait plus.
Hier soir, elle s’est éteinte.
Non dans le fracas,
mais dans la cendre.

Jean Bénigne dit le Nécrologue 


Réponse funèbre de R. Bus

Monsieur le Nécrologue,

Auriez-vous pour principale activité l’écriture de la nécrologie de personnalités célèbres ?

Votre connaissance du sujet ne fait aucun doute et il en est de même de votre talent d’écriture.

Vous semblez oublier que pour être célèbre il faut avoir un nom ou pouvoir se faire un nom. Pour la postérité, Il faut également pouvoir durer.

Votre épitaphe d’une figure vésigondine qui a su mettre en valeur toutes les cacophonies, bêtises, mauvaises gestions, erreurs, turpitudes, etc … de nos élus pendant de si nombreuses années appelle trois commentaires :

    • Prenez votre plus belle plume et mettez-vous au travail pour informer régulièrement le citoyen vésigondin de tout ce qui se passe au Vésinet, avec des informations fiables, inédites,
    • Mettez dans cette information une bonne dose de sens critique, d’humour et de dérision,
    • Découvrez-vous (en toute pudeur) et signez vos interventions.

Ces prérequis remplis, vous aurez toute notre écoute et toute liberté pour vous substituer aux cendres qui jonchent votre paillasson. Bien anonymement … puisque cela vous plaît.
 
 
R. Bus 


Commentaires

  1. Ô nuit désastreuse
    Ô nuit effroyable
    où retentit tout à coup comme un éclat de tonnerre cette étonnante nouvelle
    Le Huron se meurt
    Le Huron est mort ...

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  2. Joli ! Quel bonheur de lire des esprits aussi fins et subtils.

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  3. Excellent ! Tout est dit et bien dit.

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  4. Quand à être "assassiné, autant que soit avec talent !

    L. H.

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  5. Vu toutes les crasses des Maires successifs à son encontre et sa prestation (aurait pu mieux faire) du 10 au soir, je dirais plutôt que le Blogger peut être qualifié d'Immortel.

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  6. The king is dead.
    Long live the King.

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  7. L'œuvre est accomplie... pour les municipales 2026 !

    Après, on verra.

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  8. Hier à la même heure la question sur toutes les lèvres : passera-t-elle dès le premier tour ?
    Six listes en présence dont quatre ne feront que de la figuration, données pour moins de 5 % par le bureau du sous préfet (ex RG) Le LR est donné vainqueur à Jean Laurent, rue Sully et à l'hôpital Impérial. La villa des Pages à refusé de le recevoir. Delpeuch en tête chez les fidèles de la poissonnerie de la rue Foch. 14 Vesigondin ont suivi ce soir son live show sur Internet. Quant à l'architecte il n'est pas sur de boucler sa liste. L'héritier qui compte sur les socialos pour continuer à cramer la caisse, pourrait flirter avec les 10%
    En clair la dame en rouge peut espérer 50% des exprimés si les animalistes se cantonnent à 3 ou 4 %

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    1. Correction : LR / RN puisque TG a un suppléant RN dans sa liste

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    2. Oui TG ratisse large qu'importe si les voix viennent de l'extrême droite comme son mentor.

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    3. bien vu , un cyrano qui a la fin de l’envoi est touché par le charme …?

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    4. Un suppléant RN sur la liste de Gripoix, cette information est confirmée.

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  9. Sondage privé : 1er tour : Cabossioras 25% Gripoix 25% Gueremy 20% Caussin 15% Delpeuch 6% Dene 9% 2 eme tour: ? :

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    1. 1er tour Cabosioras 55 % Gripoix 20% Caussin 15% Delpeuch 4,5 % Gueremy 3% Dene, 2, 5 %

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    2. J’espère que vos sondages « commandés » seront dans vos comptes de campagne. Quelles sources vos sondages svp ? Sur quel échantillon représentatif ? (obligation légale)

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    3. Tous les sondages sont de l’intox . Plus ça a l’air vrai plus c’est faux . . La surprise sera le 15 Mars .

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    4. Cabossieras - Huron 90%, les autres se partages 10%

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    5. Il n’y a aucun sondage commandé.
      Par contre cela amuse la galerie d’inventer des chiffres bidons…

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    6. Anonyme 6h02 : Un peu de second degré svp, même au réveil.

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  10. Alban Hachard sur la liste de Thibaut Gripoix est le suppléant Rassemblement National d’un député de l’Aisne.

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  11. Et son épouse Astrid est aussi RN ?

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    1. Il faut croire. Comme son père Olivier Doutrebente semblerait-il

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  12. Et bien voilà… le Huron peut désormais tirer sa révérence et partir chasser le caribou céleste en toute sérénité : visiblement, tout le monde s’en moque comme de sa première dictée ! L’essentiel, voyons, c’est LEUR candidat ou LEUR candidate. Le reste ? Accessoire !
    Mais revenons à nos moutons. Cette lettre posthume, moi, je n’y vois ni pamphlet acide, ni flèche empoisonnée. J’y entends plutôt un cri du cœur. Peut-être celui d’un(e) élève à son maître. Peut-être une déclaration pudique, restée anonyme pour ne pas froisser l’ego du blogueur. Une plume discrète, certes, mais profondément sincère.
    Car enfin, qu’on se le dise : on aime M. Coudert, M. Phenix, M. le Huron ! On "L" aime dans sa pluralité, dans ses élans, dans ses coups de griffes. On se délecte de ses articles comme d’un bon fromage affiné accompagné de patates chaudes : parfois brûlant, parfois piquant, souvent savoureux, jamais fade. Ici, on grogne, on débat, on s’écharpe… mais on lit ! Et mieux encore : on revient !
    Alors, très cher Monsieur, ne rangez pas votre plume au musée des espèces disparues. Continuez à gratter le papier, à chatouiller les certitudes, à faire danser les mots. Et que la sagesse, surtout, ne vous transforme pas en Saint auréolé d’ennui.
    Restez notre Diablotin du Vésinet, malicieux, inspiré, un brin irrévérencieux… et délicieusement indispensable.

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    1. Bien d'accord. Il est tout le contraire d'un "vieux débile" comme le traitait récemment le commentaire d'un aigri de la première heure.
      Il le deviendra peut-être un jour ... comme chacun de nous.

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    2. Reconnu ! C’est mon prof de philo qui a écrit … Un temps suspendu avant de retrouver la poésie des insultes.

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