Chapitre 3 Le Vésinet, terrain de chasse à Cour

Chez le médecin généraliste l’inexpérience managériale conjuguée à l’absence de culture de la négociation – un toubib deale rarement avec ses malades - va donner à l’interlocuteur incontournable d’un maire sur les dossiers importants – le sous-préfet - un champ de contestation de son autorité. Pour exister à St Germain en Laye fallait-il surjouer, avait-on un agenda caché ?

Ce personnage – fin lettré, ne lit-il pas le blog ? d’abord affable va devenir son cauchemar. Passé très vite le bon temps où l’on se gausse au Château de la prétention du représentant de l’État de densifier le boulevard de Belleville, confondu dans un souci de mixité sociale avec celui de Belgique, ce n’est pas en homme providentiel qu’Il est reçu boulevard de la paix1.

La « hiérarchie » aura jaugé le nouvel élu aux tout premiers jours de sa prise de fonction. Vu du Château, le maire est mis sur le grill, déstabilisé, harcelé pendant 9 mois. Soumis au supplice quand en novembre l’élu entend dire qu’à la cour de St Germain on évoque voire on invoque l’article 40 à son sujet ! Pire qu’un coup de TNT.

De quelle forfaiture le maire serait-il l’auteur, ou le complice pour qu’on distille l’hypothèse de son embastillement, de quel manquement grave aux obligations de sa charge ? L’article 40 du code de procédure pénale fait obligation à un fonctionnaire ou à un officier public2 qui acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit d’en donner avis au procureur, à défaut il pourrait fréquenter le quartier VIP de la Santé.

D’autres auraient perçu un bluff, démasqué un joueur de poker, à moins que ce ne soit son informateur qui soit visé, pas le maire. Foudroyé il se liquéfie. Terminer à l’ombre n’est la tasse de thé de personne, mais interpeller le fonctionnaire qui profitant de son autorité fait pression sur un élu, autre délit prévu au code pénal, est encore moins dans ses capacités. Tous les avis convergent et lui confirment qu’on cherche à le manipuler, Jo perd une occasion de reprendre la main. Plus que jamais son passéisme alimente les rumeurs : aurait-il quelque chose à se reprocher ?

Seul, Jo se souvient que le 2 août – dans une mairie vide – sa main a signé un bref courrier en réponse aux autorités (lettre du préfet du 24 juillet) niant – contre toute évidence - l’existence d’un directeur de cabinet, ou de tout individu faisant de près ou de loin office de ! On comprend que Jo gamberge, il pressent qu’à St Germain on ne badine pas avec les contre vérités.…

 Les dossiers s’accumulent, et leur étalage en « haut lieu » génère plus d’interrogations que de solutions. Quelle contradiction entre des écrits préfectoraux rarement limpides et les propos courtois voire sympathiques échangés à St Germain. Qui se cache derrière ce look de premier communiant, personnage à la faconde facile : un Machiavel, un gentil docteur Jekill ou un vilain Mr Hyde ? La question ronge le maire. Qu’on puisse s’intéresser tant et plus au Vésinet sans que ce soit au détriment des communes voisines, interpelle. Qui a armé le bras du justicier : le pouvoir socialiste qui veut faire du Vésinet un marche pied pour la ministre Duflot, ou les revanchards de l’UMP coalisés par le petit dépité ? Le mystère reste entier et perturbe au Château où hormis le maire beaucoup sont conscients que la « hiérarchie » dispose de relais.


Deux élus de poids, monsieur le frère et le premier adjoint – avec lesquels le maire n’entretient de relation que par l’entremise de son cabinet - vont à marche forcée faire avancer leurs projets. Les obstacles sont franchis en évitant les peaux de banane que l’ennemi de l’intérieur dissémine sous leurs pieds. Spontanée ou fruit d’une savante orchestration, leur accumulation – selon Juillet - ne doit rien au hasard. Produit d’un dessein intelligent l’acharnement à miner le dossier des terrains de l’hôpital, comme celui du PLU transparaît des premières réunions avec les autorités. Qui souhaite faire échec à la ré écriture du document d’urbanisme, qui est à la tête du dessein ? On s’égare en conjectures passant des caciques de l’UMP aux écolos gauchistes qui squattent avenue de la paix ? Seule la théorie du complot rend cohérent l’enchaînement des incidents.

La complicité entre les deux piliers du pôle urbanisme, l’adjoint et le frère, viendra à bout des nuisibles. A la clé la réussite du pari de suspendre l’enquête publique. Aussi le 13 août quand tous les documents sont distribués aux PPA3, un immense soulagement saisit les élus. Le premier écueil est franchi, grâce aussi à la mobilisation des services.

Premier et emblématique succès qu’on peut porter au crédit du maire. Non pour ce qu’il a fait, mais pour ce qu’il a laissé faire, en masquant son profond agacement.

Dans toute cette période Jo ne reçoit aucun rapport d’avancement, tout juste est-il informé par son cabinet de la progression des dossiers, sans qu’il soit impliqué, consulté, sans qu’il ait son mot à dire, ni ne transmette d’instructions. Il apprend accidentellement la « réservation » incongrue de l’enclos du presbytère4 pour y implanter des HLM, et tergiverse plus de trois semaines malgré l’insistance de Juillet à le dessiller sur l’effet dévastateur de ce pied de nez à l’évêché. « Bien beau de prêcher la charité, mes seigneurs, mais faudrait peut être commencer à vous l’appliquer » persifle un proche du dossier.

Chaque adjoint(e) est laissé la bride sur le cou, sans réelle feuille de route ni contrôle a posteriori. Il ignore ce qu’ils font ce qui a le don de l’irriter, tout comme certains ignorant le champ de leurs attributions font de la figuration. D’autres se font mousser en sollicitant l’avis du maire à la fortuitude d’une rencontre dans l’escalier, la plupart agissent à leur guise avec pour boussole celle du bon sens, sans l’illusion de servir l’intérêt général. D’autres avant eurent cette prétention …

Et puis il y a le grand argentier. Il y a longtemps que le maire distille son désappointement. Il ne s’en cache plus, Fouquet le déçoit. Depuis son arrivée le maire désespère de trouver sur son bureau le diagnostic réclamé de l’état des finances laissées par son prédécesseur. Excédé d’être comme sœur Anne, lors d’un conseil d’adjoints il balance une avoinée. La passe d’armes est sévère, Fouquet fait mine de ranger ses crayons. « De quelle marge je dispose, est-ce que je peux me payer le nouveau CTM, et dans les écoles est ce qu’on on peut faire quelques travaux et améliorer l’ordinaire ? » Ces questions reviennent en boucle, laissant à chaque itération le maire un peu plus circonspect. Et s’il avait fait une erreur de casting.

Pour tenter de dégager une perspective avant le début du cycle budgétaire Juillet suggère l’intervention d’un tiers, ancien adjoint aux finances d‘une commune similaire et directeur général chez Big blue. Le maire se saisit de la perche d’autant que cette intervention gracieuse peut permettre d’identifier des pistes susceptibles de donner du mou. Au passage le « consultant » évalue très précisément le coût de la folie de place du marché. Aux deux millions dont Varèse avait juré qu’il suffirait à boucler le chantier au-delà des huit déjà payés, il conclue après un travail d’apothicaire – l’épluchage de tous les comptes administratifs depuis dix ans - à un total de 27,5 M€. Soit dix fois plus que le mensonge varésien endossé par Bastard.

Mais sur l’état global des finances le diagnostic est décevant, aucune anomalie, aucun puits de productivité laissé à l’écart qui permettrait de dégager des marges à effet immédiat. Faut pas rêver, on est guère plus avancé. Seul un travail de fourmi peut permettre de rogner en faisant du ligne à ligne. Ce à quoi les services conviennent en balayant chacun des postes avec minutie.

Le maire est clair sur l’affaire Chaslin : Il souhaite une issue rapide au litige avec l’architecte du projet de Mr Foy pour l’aménagement de la place du marché. Ce dossier a été laissé en déshérence par Varèse et son éphémère successeur, qui après avoir acté et fait valider la dette de 450.000€ n’ont pas cherché d’issue au rejet de l’accord par le groupement des architectes. S’il n’est pas part aux discussions Jo a donné son aval sur une enveloppe complémentaire de 150.000€. L’architecte dans un courrier au maire où il cite naïvement A-M Foy, en justifiait 1.5M avec l’aval du conseil de l’Ordre. Cette lettre va échoir - on l’apprendra plus tard - aux mains de l’opposition qui s’en offusquera.

Jo voudrait clore ce chapitre pour proposer des projets d’aménagement de la place du marché lors des prochaines élections. Aussi rencontre-t-il brièvement O. Chaslin pour lui faire part de sa volonté de sortir du blocage. Il juge très satisfaisant le résultat de la négociation et félicite chaleureusement en réunion de majorité les artisans de l’accord qui met en juillet un terme au litige. Il tombera de l’armoire le soir du 17 octobre quand la déflagration le surprend en plein Conseil municipal. Quelle idée d’avoir laissé l’adjoint aux finances, et co-négociateur du deal, présenter la délibération. Il aurait fallu que Jo connaisse tenants et aboutissants pour carboniser dans l’instant des opposants aussi véhéments qu’ils avaient été impuissants au temps où ils étaient aux affaires. D’un mot, d’un scud il pouvait, il devait les faire rentrer sous terre. Il leur permit de jouer les fiers et supportera le sceau de l’infamie d’un deal conclu en catimini. Pire, il refusera de s’en défendre et laissera les opposants ruiner les débats à venir en acceptant – sans même s’en défendre – que son honneur soit bafoué. Depuis qu’il a abdiqué toute autorité sur la tenue des conseils Jo est malmené, ballotté, livré aux banderilles de l’opposition qui exhibe la lettre de Chaslin citant M l’Ex. : « Vous voyez bien c’est Foy, le retour ! » D’où la tiennent-ils, qui a fuité ? Jo ne posera jamais la question.

Pas plus que Jo n’approfondira un étrange entretien téléphonique. Les services fiscaux du département sollicités pour interpréter une délibération prise au temps de l’avocat Montessonnais opposent une fin de non recevoir à la demande de la mairie. « Non, nous avons reçu instruction de la préfecture de ne pas donner suite aux appels du Vésinet …! » La question est d’importance, la réponse stupéfiante.

Existe-t-il un risque d’avoir à restituer un demi million d’€ de TVA, montant ristourné par l’État à la ville lors du solde des opérations liées à la construction du sarcophage de la place du marché. La rédaction de la délibération5 attribuée à Fiquet est sans ambiguïté, un délai est fixé pour un nouveau projet, mais il n’est pas précisé. 3, 5 ou 10 ans nul ne le sait, les textes de loi sont muets. La délibération a cependant passé le contrôle de légalité à la sous préfecture. D’où la question posée aux services de l’État.

Dans quel État de droit est-on quand ses services refusent une réponse nécessaire aux prises de décision du maire et à la bonne gestion de la ville ? Qui a intérêt en haut lieu à planter la négociation, à risque de faire perdre à la ville le bénéfice du FCTVA, 500.000€ alors qu’on chipote au maire les 150.000€ accordés à Chaslin ? Tout indique d’où émane l’ordre de verrouiller l’info. Cette fois plus de doute, le maire est dans l’œil du cyclone ! Mais Jo ne prendra ni sa canne ni son chapeau pour aller s’en expliquer à St Germain.

Le choix de Juillet, le règlement Chaslin : deux décisions auxquelles les deux hommes clés cités plus haut n’ont participé ni de près ni de loin. Deux décisions que Jo refuse d’assumer et deux situations qu’il laisse en suspens faute de savoir comment s’en dépêtrer. Même situation pour les autres marqueurs : PLU, ligne 19, terrains de l’hôpital.

S’il a acté la suspension de l’enquête publique, il a ensuite regretté amèrement de ne pas l’avoir laissée se dérouler. Faire de son prédécesseur le responsable de l’impossibilité d’améliorer le PLU malgré l’engagement quil a pris sur les tréteaux est vite apparu au maire comme une défausse habile, sans réel danger électoral. L’État dans un courrier d’une lumineuse incohérence enjoint le maire de séparer la démarche PLU de celle relative à l’éco quartier. A l'exégèse des écrits du préfet et de ses services de l’urbanisme il ne croit pas que les autorités donneront leur aval au projet fruit du groupe de travail de son premier adjoint. Plus que tout il est convaincu que l’État va déclencher une procédure de PIG6 qui mettra le Vésinet à feu et à sang. Il se présente en victime de l’activisme de son entourage qui, comme il le ressasse, maintient la pression sans aller au charbon. Son irritation d’être tenu à l’écart des choix sur l’aménagement des terrains de l’hôpital grandit sans qu’il n’ose l’exprimer devant son premier adjoint. Son agenda de médecin ne lui permet pas de fréquenter les réunions de travail dont nul ne lui transmet les comptes-rendus, souffre-t-il en marmonnant. La méconnaissance des dossiers le sert aussi ; elle autorise la critique au prétexte qu’on ne lui dit rien. Mais lit-il seulement ses courriels ?

Il s’amuse un premier temps en parcourant les projets d’arrêté devant interdire la circulation des gros bus dans les ruelles, avant de s’emporter contre les agitateurs de la ligne19 au premier rang desquels des proches parents. « On veut ma peau, on me pousse sur un terrain miné. Combien de riverains sur la ligne 19 ? Je me mets à dos toute la communauté de communes pour une poignée de clampins dont je n’ai rien à cirer » tempête-t-il non sans un certain réalisme. Devait-il pour autant se laisser diffamer sur le site officiel de la communauté de communes. Un courrier péremptoire intimant à Murez, son président l’ordre de retirer l’article injurieux ne sera pas signé, il n’était pas assez révérencieux, on lui en substituera un doucereux, de nul effet !

Un domaine et un seul l’accapare : les espaces verts ! Une obsession : redonner à la ville parc son statut d’exception. Il ne ménagera ni son temps, ni sa peine, ni les finances de la ville. Les agents chargés de cette mission auront porte ouverte, quelque soit l’heure, le jour ou la nuit. Augmenter la fréquence des tontes, des collectes de feuilles, débroussailler le rond-point du Cerf, désherber les allées en terre et surtout motiver les équipes des services pour obtenir que le Vésinet retrouve l’éclat qu’il avait du temps de son père : c’est sa mission. Et qu’on ne vienne pas lui suggérer que pour rentrer dans les clous financiers on pourrait rogner sur une ou deux tontes, un orage de grêle s’abattrait sur l’outrecuidant. Parc et espaces verts sont sanctuarisés. Leurs responsables déifiés.

Les fleurs ne l’intéressaient pas et l’évocation du label quatre fleurs suscite d’abord une indifférence abyssale : « Ça n’existait pas au temps de mon père » ! Mais lorsque qu’il comprend que la ville pourrait se voir attribuer une « fleur d’or » - label au prestige exceptionnel - il s’intéresse aux boutons d’or, marguerites et autres pâquerettes. Et puisque le trophée suprême vient couronner le travail de l’équipe des jardiniers il n’est pas le dernier à se rengorger de cette récompense tombée du ciel. Les Jardiniers seront rattachés directement au bureau du maire. 

 

1 Siège de la sous préfecture

2 De par sa fonction le maire est officier de police judiciaire

3 (PPA : personnes publiques associées qui doivent donner leur avis sur le nouveau PLU, exemple les communes voisines)

4 L’une des 9 réserves foncières pour bâtir des logements sociaux se situe à l’emplacement du presbytère.

5 La restitution n’est définitive que si la ville démarre un nouveau chantier avant une certaine date. D’où l’obligation d’avoir résolu le litige avec Chaslin.

6 Outil qui permet à l’Etat de s’exonérer des contraintes ordinaires et d’imposer un nombre de logements « illimité »

Commentaires

  1. Le Whuron fait sa psychanalyse . Visiblement il n’a pas sublimé . Que fait on ? Il faut que toutes les listes offrent au Huron un séjour à la clinique des Pages avant qu ´un traitement de choc soit nécessaire à Théophile Roussel .

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  2. Excellente critique, ci-dessus... ;)

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  3. Attention à la camisole de force, Le Huron... ;) ;) ;)

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